14 août 2007
TOUT EST GLOBAL, TOUT EST MONDIAL
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire «
citation attribuée à Voltaire
Tout est global, tout est mondial, aujourd’hui : économie, transferts de capitaux et de marchandises, pollution des océans ou de l'atmosphère, la crise de l'énergie, l'immigration, etc.
on en vient presque à oublier que les problèmes qui vont se poser à la planète seront des problèmes locaux ou plus exactement des juxtapositions de problèmes locaux nous permettant de prévoir que plus que jamais demain sera un monde de tensions et qu'il faudra, comme l'écrit Hubert Védrine, « continuer l'Histoire » (1).
La population du globe augmente. Elle est passée de 2,5 milliards à 6,5 milliards en soixante ans. Nous constatons des annonces répétées suivant lesquelles le monde court à la pénurie généralisée (alimentaire que pour les ressources en tout genre). Bref le spectre de la croissance exponentielle et de ses conséquences catastrophiques semble planer sur la planète.
En fait, si on examine avec plus d'attention la courbe démographique mondiale, on constate que la vitesse de croissance décroît aujourd'hui très vite et que l'accélération est négative depuis 1970. On peut mathématiquement prévoir que la population va petit à petit tendre vers une limite de 8,5 ou 9 milliards d'individus. Certains prédisent même qu'après ce maximum s'amorcera une lente décroissance
La démographie à venir va faire apparaître des problèmes redoutables.
D'abord, une nouvelle répartition de la population mondiale. Certains pays vont voir leur population décroître comme la Russie, le Japon, tandis que d'autres comme les pays d'Europe auront une population à peu près stable. Contrairement à ce qu'on pense communément, ce sera aussi le cas de la Chine et de l'Inde, qui se stabiliseront autour de 1,4 milliard d'habitants. Parmi les pays aujourd'hui développés, seuls les Etats-Unis verront leur population croître grâce à l'immigration.
Le vieillissement différentiel sera un facteur de déséquilibre supplémentaire.
Le déclin démographique est amorcé en Europe, où la courbe de croissance a atteint son apogée en 1998 avec 728 millions d'habitants. Dans le monde développé, 43 pays vont voir leur population diminuer dans les cinquante années à venir, représentant une perte de 115 millions d'habitants. Les premières nations touchées sont la Russie, l'Ukraine, le Japon et l'Italie.
Les apports migratoires pourraient compenser la carence des taux de fertilité. Mais Joseph Chamie (2) constate que 40% des pays, développés mais aussi en développement, sont aujourd'hui favorables à des politiques restrictives en matière d'immigration. De toute façon, l'immigration ne résoudra pas le problème du vieillissement pour lequel le triple remède du docteur Chamie sera difficile à avaler : «Recul de l'âge de la retraite, baisse des pensions et augmentation des impôts.»
Dans les pays en développement, la problématique est inverse et guère plus réjouissante : couplée à une démographique galopante dans certains pays, la mortalité, infantile, maternelle et liée au sida constitue le souci numéro un. Conclusion : dans les pays riches comme dans les pays pauvres, la vie change et va changer, mais pas forcément en mieux.
L'Europe, mais aussi la Chine, l'Inde, l'Amérique du Sud, le Japon et même les Etats-Unis vont avoir une partie croissante de leur population qui dépassera 60 ans. Ceux de ces pays qui ont des régimes de retraite devront les réformer, mais ceux qui, comme la Chine ou l'Inde, n'en ont pas devront inventer des solutions individuelles, familiales ou collectives. En Chine, la tradition est que les enfants prennent en charge les parents, mais, avec la politique de l'enfant unique, comment pourront-ils le faire dès lors que chaque jeune devra entretenir au moins quatre « vétérans » ? En contraste, les pays musulmans comme le Pakistan, l'Indonésie, ou une grande partie de l'Afrique auront des populations jeunes où les moins de 30 ans seront majoritaires.
(DEMAIN NOUS EVOQUERONS « LA POPULATION MONDIALE DANS LES VILLES D’ICI 2008 »)
Le phénomène démographique que nous avons devant nous est beaucoup plus local que global, mais il est tout aussi grave
ET VOUS QU'EN PENSEZ VOUS ?
En attendant, n’oubliez pas : haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent.
( Source : le Figaro, blogue environnement, le point, l’express photo Blogue Environnement illustrant un article publié par Étienne Côté-Paluck le jeudi 28 juin 2007)
1 « Continuer l'Histoire », Fayard.
2 Directeur de la division démographie de l'ONU, Joseph Chamie


