31 août 2007
ETRE CIVILISÉ C'EST RECONNAITRE LA VALEUR DES FAIBLES ET DIFFÉRENTS
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire «
citation attribuée à Voltaire
Nous sommes tous des handicapés en puissance : les années qui passent, un petit bobo, un gros accident, tout arrive très vite, alors pour nous rapprocher de ceux qui vivent avec un handicap à vie, je vous propose des extraits d’un article publié le 12 février 2007 dans le Figaro.
L’auteur en est l’admirable JEAN VANIER fondateur de l'Arche, fédération présente dans 34 pays de 131 communautés d'aide aux handicapés mentaux. Ce qu’il écrit s’applique à tous les handicaps.
"Nous ressentons tous un malaise… Pourrait-il en être autrement dans un monde qui ne fait qu’exalter la force, la productivité, la performance, la beauté physique ? Qui nous juge trop souvent sur des critères éloignés de ce que nous avons au plus profond de nous-mêmes… Nous faisons exprès de ne pas voir les faibles, les malades et les mal performants ! Si quelqu’un d’autre s’en occupe, c’est très bien. Alors j’ai deux ou trois choses à vous dire sur ce que signifie civilisé …
Mon expérience auprès des personnes ayant un handicap mental me montre combien notre société française est loin de ce qu’elle promet ! D’un côté, on veut une société qui accueille des handicapés mais de l’autre, on tarde à installer une véritable politique d’intégration et d’éducation capable de changer le regard porté sur ceux «qui gênent>Dans un article récent du le président du Comité Consultatif national d’Ethique, le professeur Sicard, tirait la sonnette d’alarme sur l’émergence de ce qu’il appelle un véritable « eugénisme» à la française par le biais du diagnostic prénatal. Il constate que sous la pression sociale et la toute puissance de la technique, celui ci sert d’abord à éliminer et non à soigner. C’est ce qui arrive trop souvent en effet. Au fond on ne veut pas aborder la vraie question de civilisation: chaque personne est elle importante et sacrée ou bien seulement celle qui peut être performante ? Et quelle performance ? Où est la limite ?
N’ayons pas peur de celui qui est «différent» ! La clé du développement de l’être humain n’est-elle pas dans l’acceptation de l’autre tel qu’il est, dans l’acceptation de soi-même tel qu’on est ? Ne pas vivre dans le virtuel ou l’imaginaire, dans la toute puissance, mais dans l’humilité du réel. Découvrir le risque, le défi de s’engager avec d’autres dans sa simple réalité. L’enfant n’est jamais l’enfant des rêves, mais l’enfant de la réalité qui crie aussi pour sa liberté. Accepter l’autre implique un travail sur nous-mêmes, pour apprivoiser nos peurs et nos angoisses.
Aimer l’autre, si faible soit il, c’est le rendre plus libre pour qu’il ne soit plus gouverné par la peur, lui révéler sa valeur, lui montrer qu’il a quelque chose à vivre, à dire aux autres. Aimer, dans un monde civilisé, c’est cela.
Etre civilisé, c’est reconnaître la valeur des plus faibles et des «différents».
Leur donner une place n’est pas uniquement l’affaire des pouvoirs publics, c’est celle de chacun de nous. Les pouvoirs publics doivent investir davantage pour que la société française devienne plus humaine, que les parents des plus vulnérables trouvent le soutien dont ils ont besoin. Pourquoi ne pas développer le statut de volontaire où des jeunes pourront rencontrer et aider d’autres jeunes ? Il faut également encourager les écoles intégrées, éviter que les gens s’enferment derrière les murs de leur clan, de leur milieu ou de leur honte !
Une personne trisomique m’a dit un jour « Si je devais naître aujourd’hui, on me tuerait». Voilà la perspicacité de l’humain «
QU’EN PENSEZ-VOUS ?
N’oubliez pas : haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent.
(Sources :Jean Vanier – LE Figaro 12 02 2007 – photos : mincoin.com - doctissimo)

